Shufat : la prison à ciel ouvert de Jérusalem

Si nous vous présentons aujourd’hui le camps de Shufat, c’est que notre prochaine action sera en faveur de ses habitants, à travers 3 actions :

1 – aider la clinique du camps qui offre gratuitement consultations/soins/médicaments à la population locale (achats de médicaments)
2 – aider le Centre des Enfants qui oeuvre au quotidien pour offrir à leurs petits des moments d’insouciances (leur offrir une journée de vacances à 55 enfants hors du camp 20€/enfants )
3 – aider le Al-Quds Charitable Society qui vient en aide aux handicapés, aux femmes…
Chacun de ces 3 centres est vraiment actuellement dans une situation financière critique, les derniers évènements (dont vous avez un exemple en image) on rendu la situation plus tendue qu’habituellement.
Plus de blessés, plus de souffrance, plus de personnes traumatisées… les besoins sont nombreux et urgents.

Présentation du camp :

Quartier palestinien situé au nord de Jérusalem, Shufat est découpé en deux par le « Mur de la Honte »

Le camp de réfugiés de Shufat a vu le jour en 1965 et a été instauré par le Roi Hussein de Jordanie suite à la fermeture du camp de Mascar, alors situé dans la Vieille ville de Jérusalem. A sa création, il était part entière du territoire Palestinien. Puis les frontières de Jérusalem sont repoussées, au lendemain de la Guerre de Six Jours en 1967, incorporant Shufat à la municipalité de Jérusalem.  Aujourd’hui entouré par le mur, Shufat est une enclave.

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En 2006, le camp comptait environ 20.000 habitants (contre 8 000 selon la municipalité de Jérusalem). En fait, seulement 13% des habitants disposent la nationalité israélienne, impliquant un problème dans le recensement. Selon certains responsables du camp, ils seraient environ 40.000 personne à l’entasser dans cette prison à ciel ouvert.

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La Municipalité de Jérusalem ne veut pas s’engager dans la zone 

Pour information, 75,3% de la population de la partie Est de Jérusalem vivait en 2014 sous le seuil de pauvreté, selon des données recueillies par l’Association des Droits Civils en Israël, organisation israélienne traitant des libertés et droits civils en Israël et territoires occupés.

Du reste, aucun traitement de faveur ne leur est accordé et tous payent les taxes selon la taille du logement. Et bien que gérée par les mêmes autorités que la partie juive (à l’Ouest), les habitants ne bénéficient d’aucun service de la municipalité. À noter que les autorités palestiniennes n’étant pas autorisées à exercer leurs pouvoirs dans la ville, la population est livrée à son propre sort.

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Dès l’entrée dans le camp, on est frappé par une étrange vision : des tonnes de déchets sont entassé et brulés le long du mur de séparation. « La ville ne veut pas envoyer de camions poubelles sous prétexte que les enfants pourraient leur jeter des pierres sur les employés » explique les habitants du camp « pourtant, on le sait, la majorité des éboueurs sont d’origine arabe et ne risquent donc pas grand-chose. Les habitants retroussent donc leurs manches et font le travail eux même.

L’amoncellement des ordures entraîne bien évidement des problèmes sanitaires ainsi que de gros problème de pollution.

Si le camp dispose d’une clinique, tenu par le Docteur Salim Anati, il ne dispose pas d’un véritable hôpital. Les malades sont donc obligés de passer le checkpoint pour recevoir des soins. Le service ambulancier israélien a depuis longtemps stoppé ces interventions dans le camp

 

L’éducation : peu d’écoles, beaucoup d’enfants

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A ce jour, 3 écoles gérées par l’UNRWA sont implantées dans le camp (2 écoles pour les enfants de 6 à 16 ans, et 1 pour ceux de 16 à 18 ans.) Il existe également une école privée pour les enfants de 4 à 14 ans.

La population du camp a quadruplé depuis 1965, les besoins en éducation n’ont donc fait qu’accroitre, mais rien n’a été pourtant prévu. C’est donc rapidement que les jeunes voulant recevoir une éducation sont obligés de traverser le checkpoint matin et soir.

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 Insalubrité

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Outre les conditions d’hygiène, le camp de shufat présente une architecture désordonnée. Les immeubles s’imbriquent les uns dans les autres, les murs sont bruts, des fils électriques dénudés s’échappent. Il faut dire qu’une grande partie de ces logements ont été construit dans la précipitation et sans permis de construire. En effet obtenir un permis est quasi impossible pour les résidents ne possédant pas la nationalité israélienne. Les Palestiniens de la vielle ville continuent de se faire expulser, et viennent vivre dans le camp, laissant ainsi la place aux colons israéliens dans le centre historique de Jérusalem.

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